vendredi 14 février 2014
Le feuilleton "Etienne Daho et les seins nus"
La pochette du nouvel album d'Etienne Daho fait polémique. Jugée trop suggestive, elle a été censurée des stations de métros parisiens par l'agence de transports RATP. Mais ces derniers clament leur innocence. Ils rejettent la faute sur Polydor, le label du musicien, qui s'offusque à son tour de telles accusations. Qui est coupable ? Pour quels motifs ? La saga peut commencer.par Camille Tang Quynh (st.)Quand ce n'est pas un, c'est l'autre. Et quand ce n'est pas l'autre, c'est forcément quelqu'un. Mais qui ? Plusieurs protagonistes ont joué à ce petit jeu sous le thème "Etienne Daho". Accrochez-vous, l'histoire peut paraître légèrement complexe. Tout commence avec cette photographie. Etienne Daho pose debout, au côté d'une jeune femme topless et en string. La photo illustre en réalité la pochette du nouvel album du chanteur, intitulé "Chansons de l'innocence retrouvée". Illustrer "l'innocence retrouvée" par une femme à moitié nue, il fallait oser. S'agit-il d'un paradoxe subtil ou tout simplement pas fait exprès ? Mystère. Quoi qu'il en soit, le principal intéressé n'y voit rien de vulgaire."Elle est peut-être controversée, ça m'est égal. On ne va pas se mettre à sticker tous les seins des statues du Louvre. La nudité provoque toujours des réactions, certaines femmes trouvent cela sexiste, mais il n’y a pas ça dans cette photo " a-t-il déclaré au Parisien. Une bande blanche en guise de poitrineEtienne Daho savait donc que l'image allait faire polémique, mais il s'en moque comme de sa première chemise. Une chemise qu'il aurait dû donner à la jeune femme, selon certains. Toujours d'après Le Parisien, la Régie autonome des transports parisiens (RATP) aurait jugé la photo trop dénudée et l'aurait censurée. L'image, qui devait faire la promotion de l'album dans les stations de métros et du RER de Paris et d'Ile-de-France, est donc apparue sur les murs des stations avec une bande blanche couvrant les attributs de la jeune femme. L'image retouchée ressemble plus à un montage fait à la va-vite dans Paint qu'à une création de Photoshop. Mais les censures ne sont jamais très sophistiquées, c'est une fait.La RATP s'est rapidement lavée les mains en rejetant la faute à Polydor, le label d'Universal Music. Dans un communiqué, la RATP et Métrobus (le régisseur de publicité) se déchargent de toute responsabilité et accusent la maison de disque. C'est elle qui aurait adressé à Métrobus le cliché censuré en précisant qu'il avait été validé par Etienne Daho en personne. La RATP et Métrobus n’ont pas censuré l’affiche d’Etienne Daho et démentent formellement les informations du Parisien pic.twitter.com/b4m2hEls42— Steven Bellery (@StevenBellery) 18 Novembre 2013Mais ces propos ne plaisent pas à Polydor qui renvoie à son tour la balle dans le camp adverse (sinon, ce n'est pas drôle). Dans sa version, Polydor affirme avoir envoyé à Métrobus la photographie dénudée. Interrogée par Le Figaro, une employée du label a précisé : "Après de nombreuses relances, par mail, par téléphone et par écrit, nous n'avons jamais eu de réponse. [...] Au risque de ne pas être dans les temps pour l'affichage, nous avons donc été obligés d'envoyer une deuxième version avec un bandeau. Ce n'est qu'à partir de ce moment-là qu'on a reçu une autorisation". Polydor va même jusqu'à déclarer qu'il a envoyé une deuxième fois l'image originale, mais qu'elle a catégoriquement été refusée par Métrobus. Qui gagnera la balle de match entre le double Polydor/Universal Music vs RATP/Métrobus ? Suite au prochain épisode. Censure un jour, censure toujoursEtienne Daho n'est pas le premier et, très certainement, pas le dernier à être victime de la censure. Damien Saez en connaît tout un rayon dans ce domaine. En 2010, déjà, la RATP avait refusé d'afficher la pochette de l'album "J'accuse", où était représentée une femme nue dans un caddy. En mars dernier, rebelote. Le réseau de transport a cette fois interdit l'affiche de son album "Miami". Trop "trash" pour les métros parisiens ?Outre les images, les clips musicaux sont également sujets à la censure. Ce fut notamment le cas d'Indochine, qui dénonce avec sa chanson "College Boy" le harcèlement scolaire.Faut-il tout montrer au grand public ? Ou la censure trouve-t-elle encore un peu de légitimité dans certains cas ? Le débat reste ouvert ...
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